A bon chien bon humain !… ou l’art d’être un bon « référent »

Oui je vais me répéter, … mais ce n’est pas inné pour un chien d’évoluer dans un milieu qui n’est pas naturellement le sien mais celui que nous, humains, avons choisi, avec nos codes, nos règles, nos envies et nos contraintes…

Eduquer son chien, c’est lui donner les codes pour partager notre quotidien, vivre sereinement et tisser des relations épanouies et confiantes. C’est lui apprendre progressivement ce que l’on attend de lui, tout en respectant sa nature (… donc on n’oublie pas ses besoins fondamentaux : repos, nourriture, soins, sécurité, relations sociales, …, et bien sûr activités physiques, masticatoires, mentales… le tout avec beaucoup de respect et d’amour !)

Dans ces apprentissages des codes humains, le référent de votre chien, son repère, son être d’attachement, c’est VOUS.

Opter pour un apprentissage collaboratif, un système gagnant/gagnant pour vous comme pour votre chien, en renforcement positif, est « THE » solution

Pourquoi ?

Parce que s’énerver, crier, trépigner, taper, forcer, donner des coups de colliers, …, non seulement ce n’est agréable pour personne… mais surtout ça n’apprend rien hormis la peur et la méfiance… qui elle même engendre colère, agressivité, réactions imprévisibles,…etc. On rentre alors dans le traditionnel cercle vicieux aggravant les risques de problèmes comportementaux

L’animal n’agit pas sans raisons. Ses principales motivations peuvent ainsi se classer en 2 grandes catégories : Recevoir (de l’attention, du bien être, du jeu, de la nourriture, …) ou éviter (la peur, l’inconfort, la douleur, la frustration, la punition, …). 

Ne préférons nous pas, tout comme lui, opter pour la solution qui nous amènera du bien être (= recevoir) ? D’où l’importance de bien comprendre ce qui motive Beau-Poilu à effectuer tel ou tel comportement que nous jugeons bon ou mauvais (que ce soit, par exemple, aboyer d’émotion parce que « des inconnus » font intrusion dans sa zone de confort, déchiqueter tout ce qui passe sous ses dents par ennui, colère, stress, …, ou vouloir dormir collé/serré sur le canapé parce que c’est bon, chaud, confortable, que ça sent bon ses humains d’amour et qu’il est tout près de la ressource « caresses »…). 

Changer un moment de stress pour lui, en moment de plaisir, l’amener à répéter un comportement qui lui a procuré du bien être, c’est toute la force du renforcement positif qui rend les apprentissages agréables, rapides, et surtout, compris et acceptables pour notre animal en lui offrant une alternative.

Qu’est ce que le renforcement positif ?

C’est renforcer (= approuver) le comportement souhaité grâce à l’ajout d’un stimulus motivant (dit « renforçateur ») type récompense (nourriture, jeu, … tout ce qui peut répondre au mieux à sa motivation du moment) afin d’augmenter la probabilité que le comportement voulu se reproduise.

Ce type de conditionnement est dit « opérant » car l’animal va chercher de lui même à reproduire le comportement qui lui a amené quelque chose d’agréable. Il devient acteur de son apprentissage… et sera heureux et volontaire de participer à son éducation.

Qu’est-ce qu’un bon « renforçateur », une bonne « récompense » ? 

Tout ce qui va motiver le chien au moment T !

Un renforçateur type friandise est souvent utilisé car représente une satisfaction rapide, qui aide à mener le chien vers un état émotionnel agréable le rendant en capacité d’apprendre (un chien stressé ne mangera pas … et surtout ne sera pas en capacité d’apprentissage… ! Personnellement, quand j’ai peur, je ne sais même plus comment je m’appelle… et ne voudrais même pas d’un carré de chocolat… c’est dire !), mais ça peut être aussi lui rendre sa zone de confort en l’éloignant ce ce qui l’effraie, un jouet (très fort aussi !), aller voir les copains, aller renifler ce qu’il veut, aller courir, effectuer un comportement alternatif qu’il aime et connaît par coeur (un « hop » sur un banc, ou …), … ou être près de vous ! 

On peut combiner ou se servir alternativement de renforçateurs différents pour aider le chien à garder sa motivation. 

Connaitre son chien et avoir une belle relation de confiance est d’autant plus important, afin de lui donner les moyens de produire le bon comportement et l’amener ainsi vers le succès !

Ayant appris et compris le bon comportement volontairement, le chien le refera d’autant plus volontiers qu’il a été gagnant en l’apprenant… et continuera à le faire sans friandise ou autre car acquis et accepté !

Les clefs du bon référent

  1. Respecter son chien et ses émotions par la lecture de son langage corporel !  Non, tous les chiens n’aiment pas être récompensés par des caresses. Non, tous les chiens ne sont pas capables des mêmes choses et n’ont pas les mêmes besoins (Par exemple, le Basset Hound ou le Saint-Bernard n’auront pas la vitesse d’exécution d’un Border Collie ou d’un Malinois :p, tout comme on ne demandera pas à un carlin de faire la course avec un lévrier…) Oui certaines situations sont difficiles pour eux (trop de monde, de congénères, de distractions, de stimulis, …) Oui, les chiens ont des jours sans et des jours avec… comme nous…
  2. S’amuser et soigner votre relation humain/chien : On peut apprendre en s’amusant et en étant encouragé par la réussite plutôt que puni par l’échec (on apprend même mieux !) Même si vous êtes concentrés sur l’exercice que vous souhaitez apprendre à votre poilu, le faire de façon souriante, détendue, ludique et positive lui enlève de la pression (et à vous aussi !) ! Le chien est ultra sensible aux signaux émotionnels et corporels que l’on émet… Si vous êtes tendus, il le sera aussi ! Préférez de courtes séances, pour garder sa motivation,… sourire,… et toujours terminer sur une réussite (même minime).
    Il ne sert à rien de répéter trop rapidement et sur différents tons un ordre ou un signal verbal (d’autant plus que Beau-Poilu a une ouïe excellente). Laissez lui le temps de l’exécuter avant de réitérer la demande. S’il ne le fait pas.. c’est peut être que vous avez été trop vite dans l’apprentissage, que le signal n’est pas encore compris, que votre demande est confuse pour lui… bref, remettez en question la façon dont a été fait cet apprentissage et n’hésitez pas revoir vos exigences et recommencer en découpant la séquence de comportement petits pas par petits pas
  1. Ne pas hésiter à récompenser !! Et je dirais même plus : plus l’exercice est difficile, plus la motivation devra être grande et donc la récompense avoir une haute valeur (que ça vaille le coup quoi !)
    Demander à un chien qui ne supporte pas d’apercevoir des congénères, de les regarder sans réagir avec la même croquette qu’il a tous les jours n’aura pas la même valeur que si on y associe des irrésistibles morceaux de fromage, ou de poulet (oui « des ».. pas 1… on augmente le ratio (on récompense souvent) ET la valeur du renforçateur !!), ou le jeu/jouet de la mort qui tue qu’il aime le plus au monde… et on change ce moment de stress en « Vivement que je revoie un chien au loin pour en avoir encore, ou refaire ce super jeu ! »
  2. Profitez de tout ce qu’il aime faire ! Pour garder votre chien motivé et joyeux dans ses apprentissages, alternez les récompenses, intercalez des comportements de bases faciles qu’il connait par coeur et auxquels il pourra se raccrocher (des « touch », des « hop », du ciblage, …etc). Bref, surprenez-le !!
  3. N’oubliez pas les pauses ! Faites des séances courtes et ménagez des pauses dans votre entrainement. Laissez lui le temps d’assimiler ce qu’il apprend. C’est aussi pendant les phases de sommeil que l’on intègre les apprentissages. Souvent en reprenant plus tard ou le lendemain un exercice… miracle, Beau-Poilu va proposer plus spontanément ce que l’on a tenté de lui apprendre plus tôt sans succès. De plus, réfléchir est exténuant ! En temps équivalent, 1h d’activité mentale équivaut à environ 5h de promenade ! Alors pfiouuuu … on y va tranquillement ! De même, adaptez vous à ses capacités de concentration : Si 2mn sont trop pour un grand émotif… et bien on fait l’exercice 1mn ou 1mn1/2 !
  4. Se poser LA bonne question : plutôt que « ne fait pas ça », pensez «que voudrais-je que tu fasses à la place » … donc en gros, offrir à Beau-Poilu une alternative à un comportement malvenu est un bon compromis  (Va chercher un jouet à leur apporter plutôt que sauter sur les invités. Trouve des délices dans ce bac à sable plutôt que creuser des trous dans le jardin.. etc)
  5. Et le petit bonus… : Et si on lui proposait le choix…? Lui enseigner un « eye contact », une position ou un ciblage pour nous montrer qu’il est prêt à coopérer, ça c’est chouette ! On n’y pense pas souvent mais entrainer notre chien à se laisser manipuler, soigner, brosser, inspecter sous toutes les coutures quand LUI y est prêt, ça c’est du respect ! On le fait bien avec les tigres et les éléphants grâce au médical training, … alors même si on a moins peur pour notre intégrité physique lors de sa manipulation, Beau-Poilu le mérite bien non ?

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